David Bellaiche

28 déc, 2008

Création de starts-up en France, vers un nouvel état d’esprit ?

Posted by: David Bellaiche In: Entrepreneuriat

ambition1Pourquoi la France n’a pas de Google ? Par “Google”, je parle d’une start-up d’envergure internationale et souveraine dans son domaine. La France souffre d’un manque d’ambition terrible dans la sphère du Web. Le plus bel exemple se nomme Dailymotion. Même si son nom ne le sous-entend pas, le célèbre diffuseur de vidéos sur Internet est bel et bien Français. A l’époque de sa création (mars 2005), ce site lançait un nouveau concept sur Internet. Cependant aujourd’hui, Dailymotion vit dans l’ombre du géant américain Youtube, pourtant créé dans le même temps (février 2005). Alors que Youtube truste le 3ème rang des sites les plus consultés au monde, Dailymotion occupe “seulement” la 64ème position du même classement. Le constat est clair : les 2 sites sont similaires et créés au même moment  mais connaissent chacun une destinée différente, la moins “glorieuse” étant celle de la start-up tricolore. Comment expliquer ce statut de second (et jamais leader) des start-up françaises sur Internet ? Certains montrent instantanément du doigt le système fiscal français. Cela reste un argument acceptable mais  qui demeure bien loin de la réelle raison. A mon sens, si la France n’a pas de bulldozer online à l’échelle planétaire, c’est pour 2 raisons : la peur de la prise de risque des jeunes talents ainsi que le regard des autres.

On parle souvent de l’exode des cerveaux à l’étranger. Pourtant, je pense que l’exode des cerveaux français n’a pas lieu à l’étranger mais en France ! Cela parait paradoxal mais c’est la réalité. Je m’explique : aujourd’hui, un jeune étudiant de grande école de commerce est chassé par les recruteurs de grandes entreprises dès l’obtention de son diplôme. Afin d’attirer les meilleurs cerveaux, les entreprises n’hésitent pas à offrir des salaires alléchants à leurs proies. Souvent âgé de moins de 23 ans, le jeune diplômé accepte l’offre dans la quasi-totalité des cas. En effet, lorsqu’une entreprise propose  un salaire très interessant à un jeune, comment celui-ci pourrait-il refuser et se diriger vers une création d’entreprise (avec tous les tracas qui vont avec) ?  Les jeunes talents français n’osent pas prendre de risques et préfèrent obtenir un salaire confortable chaque fin de mois. La jeunesse n’est pas un défaut, Google, Facebook, Apple (…) en sont les meilleurs témoins : tous leurs créateurs avaient moins de 25 ans et sont aujourd’hui milliardaires.

La seconde raison de cette carence de création d’entreprises en France est la peur du regard des autres. En France, celui qui créé et qui échoue est un looser. Cette critique va le pousser à abandonner la création d’entreprise et à se diriger vers une carrière classique en entreprise. Cette mentalité est inexistante outre-Atlantique où un entrepreneur qui a créé sans succès  va être vu ainsi : “Il a essayé, ça n’a pas marché, tant pis, ça marchera la prochaine fois”. Ce type de réaction va encourager l’entrepreneur à persévérer.

Heureusement, j’ai l’impression qu’en 2008, les mentalités ont évolué et de plus en plus d’initiatives ont été mises en place afin d’encourager la création d’entreprises en France.

Tout d’abord, l’Etat tente de faciliter les entrepreneurs dans leur tâche par le biais de nouvelles règles. Ainsi, la loi de modernisation de l’économie promet de supprimer les barrières au développement d’une entreprise. Dans le même registre, nous pouvons aussi parler du guichet unique mis en place pour éviter toute la “paperasse” tant redoutée par les entrepreneurs.

De plus, en termes de formations, les écoles de commerce proposent de plus en plus des masters en entrepreneuriat (ESCP-EAP, CERAM, ISTEC …). Très formateurs, ces masters, s’appuient sur des rencontres et des échanges avec des entrepreneurs déjà en place. Autre aspect intéressant, ils offrent la possibilité d’accompagner les étudiants dans la création de leur projet.

Ensuite, de nombreux organismes publics ou privés facilitent les prêts aux jeunes entreprises. C’est le cas d’Oseo, et plus récemment la Banque Populaire qui mis en place récemment un programme de prêts aux créateurs ou repreneurs d’entreprises (vous

Enfin, de plus en plus d’évènements sont destinés aux jeunes entrepreneurs (ou futurs entrepreneurs) comme le YES-Camp organisé par le MEDEF, l’IdJam. Ces évènements sont des occasions idéales pour les jeunes afin de se forger un état d’esprit de gagnant et d’apprendre de leurs aînés.

J’ai dans l’ensemble bon espoir de voir se développer de nouvelles entreprises innovantes en France dans les années (mois ?) à venir, de là à devenir un poids lourd de l’Internet mondial ? La balle est dans le camp des jeunes …

Quelle est votre vision ?

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7 commentaires sur l'article "Création de starts-up en France, vers un nouvel état d’esprit ?"

1 | eMeRiKa

décembre 29th, 2008 at 12:01

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Des sites comme Google, facebook ou youtube ont réussi à lever des sommes importantes pour se développer. Et ils l’ont fait sans avoir de vrai business model mais seulement des perspectives de croissance importante.

Cela serait bien impossible de faire pareille en France ce qui explique peut être aussi les différences.

Mais n’oublions pas que nous avons Vente Privé, Auféminin, Meetic qui sont nés en France et sont leaders dans leur domaine en France, voir en Europe.

La France est donc capable de créer des leaders :)

2 | David Bellaiche

décembre 29th, 2008 at 13:13

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C’est juste Emerika, Vente Privée et Meetic sont les portes drapeaux des réussites françaises de l’internet. Pourtant, aucun de ces sites n’a su s’exporter pleinement à l’échelle mondiale alors que les Google, Facebook, Wikipedia, My Space, Windows Live (…) font l’unanimité partout dans le monde (peut être moins en Chine, Inde … du fait d’une culture très différente).

3 | Ilouben

décembre 30th, 2008 at 12:14

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Je suis d’accord avec ton raisonnement, seulement il y a un paramètre que tu as omis de préciser dans ton article et il est de taille quand on connait son impact sur ta thèse initiale. Les géants du net comme google ou facebook ont certes vu le jour aux USA par des jeunes talents mais il faut savoir que ces derniers étaient alors étudiants dans les meilleures universités américaine et par conséquent du monde. Les universités américaines les plus prestigieuses, celles de la Ivy League comme Yale, Havard , Standford et Berkley ont à elles seules un budget de recherche supérieure à celui que la France alloue au CNRS par exemple, ne parlons meme pas de celui d’une école comme Centrale ou Polytechnique.
Des lors la comparaison entre les deux pays n’est pas totalement propice puisque le systeme de base diffère completement.

Pour ce qui est de “l’état d’esprit” entrepreunarial, la par contre il est vrai qu’il est beaucoup plus glorifié aux USA qu’en France, à tel point qu’une réussite Francaise dans ce domaine des NTIC s’apparente la plupart du temps à une énorme chance alors qu’aux USA, les exemples florissants, les succes stories s’enchainent alimentant ce sentiment que “tout est possible”

4 | David Bellaiche

décembre 30th, 2008 at 21:14

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L’argent n’explique pas tout. Google par exemple a cloturé son tour de table à 1 million de dollars, une somme infèrieure aux 7 millions lévés par Dailymotion.

Il y a à mon avis 2 états d’esprit différents. Lorsque l’on créé en France, c’est pour “conquérir” la France (l’Europe au mieux). Lorsque l’on créé aux USA, c’est pour “conquérir” le monde.

Cependant, là où tu as tout à fait raison, c’est la part consacrée à l’entrepreneuriat en France et aux USA en particulier dans le système éducatif.

La France connaît un système d’éducation national trop élitiste où tous les “cracks” atterrissent dans les grandes entreprises. L’entrepreneur est toujours considéré comme un intrus. Pour preuve, il n’y a pas de matière “Entrepreneuriat” enseignée dans les écoles avant le niveau Master (Bac +4) !!!

Un système totalement différent est celui qu’on trouve en Israel par exemple. Là-bas, entreprendre c’est normal, dés l’université, le pays stimule les étudiants à créer.

Si l’on parvient à trouver un juste milieu entre notre système et celui instauré en Israel, nous ferions un premier pas vers un changement de mentalité.

Que l’Education Nationale arrête de vouloir formater ses étudiants (qui ont par ailleurs de “bons cerveaux” par rapport aux cerveaux mondiaux) en les plaçant dans des cases définies, qu’elle les laisse se dégourdir et leur donne la soif d’entreprendre pour tente de “changer le monde” (car oui, Google a changé le monde).

5 | steven scemama

janvier 25th, 2009 at 15:16

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Tres bonne analyse.
Juste, pour justifier la différence d’etat d’esprits entre l’entrepreneuriat aux us et en france j’aurais parlé de Loic Lemeur qui en 2007 s’est définitivement installé à San Francisco pour lancer sa 5ème entreprise seesmic
Cela montre qu’il est clair qu’une réussite planétaire dans le monde des start-up passe par les us.

6 | David Bellaiche

janvier 25th, 2009 at 20:03

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En ce qui concerne les start-up, oui pour l’instant… Espérons que ça change d’ici quelques années. Et c’est à notre génération de le faire :)

7 | Sam

janvier 27th, 2009 at 10:05

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Je pense que l’argent (ou du moins le financement) est le problème numéro 1.
Même pour un projet propre et ambitieux, on a du mal a trouver des financements et on doit se battre pour choper 30KE alors que pour un travail de recherche équivalent, aux US on vise 300K chez les mêmes types d’investisseurs.
C’est vraiment chiant de devoir dépenser autant de temps et d’energie pour chaque petit bout de financement, et une des problématiques, c’est que les investisseurs ont un aprioris de “non confiance”.
En définitive, c’est surtout grâce a de la perseverance et à l’appuie des personnes “respectées” inscrites sur le dossier que l’on peut acceder à des financements correct. Malheureusement, pour cela il faut des mois, voire des années et pendant ce temps, le monde bouge et on se fait niker nos concepts.

C’est la que mountain view a un avantage: tout les gens du net sont présents la bas, il y a plus d’opportunités, plus de gens motivés à la création donc des synergies/partenariats possibles et surtout les investisseurs sont prêts à mettre du gros cash..

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